24 mai 2014

Charles Dickens. "Barnaby Rudge". 1841. Extraits


"... quand les choses sont au pis, elles ne peuvent que tourner mieux."

"Il est curieux de se représenter ces gens du monde, s'arrachant un moment à leurs grandes affaires pour tourner les yeux par hasard vers les innombrables sphères qui scintillent au-dessus de nous, qu'y voient-ils, croyez-vous? rien que l'image qu'ils portent dans le coeur. L'homme qui ne peut vivre que dans l'atmosphère des princes ne voit rien là dans le ciel que des étoiles pour décorer la poitrine des courtisans. L'envieux y poursuit de sa haine jalouse les honneurs brillants de son voisin. Pour le ladre, occupé à entasser de l'or, et pour la foule des gens du monde, tout le firmament au-dessus de nous reluit de pièces sterling, toutes fraîches sorties de la monnaie, avec l'empreinte de la figure du souverain: ils ont beau se retourner, ils ne voient rien autre chose entre eux et le ciel. C'est ainsi que les ombres de nos désirs viennent se mettre entre nous et nos bons anges, qu'ils éclipsent à notre vue."

"Ils peuvent venir quand ils voudront, ils ne me trouveront pas à me cacher et à fouiner, comme si nous avions peur de prendre notre part de la lumière du jour, pour la leur laisser tout entière."

"Plus le feu sévissait et pétillait, plus les gens devenaient farouches et cruels, comme des diables qui se sentent dans leur élément au milieu du feu; ils avaient déjà dépouillé leur nature terrestre pour prendre un avant-goût des plaisirs de l'enfer."
"... Cela prouve qu'on ne doit jamais s'écarter, si peu que ce soit, du bon chemin, du chemin de l'honneur, sous le prétexte spécieux que la fin justifie les moyens. Quand la fin qu'on se propose est bonne, il faut l'obtenir par de bons moyens. Ceux qui font autrement sont des méchants, et il n'y a rien de mieux à faire que de les regarder comme tels et de ne point se faire leur complice."