18 mai 2014

Honoré de Balzac. "Une ténébreuse affaire". 1841. Extraits.


"... il gardait ce profond silence qui est la philosophie des gens forts; il ne luttait plus contre l'opinion générale, il se contentait d'agir; cette sage conduite le fit regarder comme un sournois,..."

"Rien n'attriste plus profondément qu'une dégradation imméritée et de laquelle il est impossible de se relever."

"On se sait espionné."

"Il y a toujours des loups là où il y a des moutons."

"Rien ne ferme l'âme comme une dissimulation constante au sein de la famille."

"Elle avait eu quarante ans de très bonne heure; mais elle se rattrapait, disait-elle, en s'y tenant depuis vingt ans."

"Le hasard est, en amour, la providence des femmes."

"Vous avez joué des gens qui se croyaient plus fins que vous, et les gens de bas étage ne pardonnent jamais."

"Si les hommes voulaient être francs, ils reconnaîtraient peut-être que jamais le malheur n'a fondu sur eux sans qu'ils aient reçu quelque avertissement patent ou occulte. Beaucoup n'ont aperçu le sens profond de cet avis mystérieux ou visible qu'après leur désastre."

"... le malheur excite la défiance."

"Depuis que les sociétés ont inventé la justice, elles n'ont jamais trouvé le moyen de donner à l'innocence accusée un pouvoir égal à celui dont le magistrat dispose contre le crime. La justice n'est pas bilatérale. La défense, qui n'a ni espions ni police, ne dispose pas en faveur de ses clients de la puissance sociale. L'innocence n'a que le raisonnement pour elle..."

"Aussi quand, effrayé de la stupeur de cette noble et généreuse fille que sa physionomie rendait plus stupide encore, le jeune défenseur essaya de relever son courage, lui répondit-elle: Je me tais, je souffre et j'attends..."

"Les moeurs sont souvent plus cruelles que les lois. Les moeurs, c'est les hommes; mais la loi, c'est la raison d'un pays. Les moeurs, qui n'ont souvent pas de raison, l'emportent sur la loi."

"La société procède comme l'Océan, elle reprend son niveau, son allure après un désastre, et en efface la trace par le mouvement de ses  intérêts dévorants."