12 juin 2014

Doris Lessing. "Les enfants de la violence". 1952. Extraits.

   

"... leur vieille amitié n'avait survécu que grâce à tout ce qui en avait été exclu, c'est-à-dire tout ce qui comptait."

"Mais les choses que nous disons se situent généralement à un niveau bien inférieur à celui de nos pensées."

"Ce serait la vraie vie; on pouvait vivre de peu en étant libre,..."

"Elle restait agrippée au rebord de la fenêtre à sentir la fatigue l'envahir, une fatigue immense, comme la longue note aiguë du violon qui entretient la tension tandis que la base majestueuse de la mélodie rassemble ses forces au-dessous."

"Car si elle restait à la colonie alors qu'elle avait voulu partir, si elle s'était mariée alors qu'elle avait voulu être libre et aventureuse, si elle faisait toujours le contraire de ce qu'elle désirait le plus, il n'y avait aucune raison qu'à cinquante ans elle ne devienne pas une bonne femme semblable en tout point à Mme Quest, étroite d'esprit, conventionnelle, intolérante, insensible. Elle se mit à trembler, glacée de peur. Elle ne trouvait pas de mots pour exprimer ce sens d'écrasante fatalité qui menaçait tout le monde, sa mère autant qu'elle-même."

"Il se gardait en chambre froide pour l'avenir."

"Malheureusement, tout leader politique doit consacrer les neuf dixièmes de son temps, non à battre ses adversaires, mais à manoeuvrer la stupidité de ses propres alliés."

"La plus brève des rencontres avec la politique suffit à enseigner que les paroles prononcées représentent la voie la plus longue vers la compréhension de ce qui se passe vraiment."