18 juin 2014

Vaclav Havel. "Essais politiques. Préface de Jan Vladislav". 1991. Extraits.

   


(Vaclav Havel). "Pour divers que soient les intérêts de l'écrivain, qu'il écrive sur l'amour, la jalousie, l'échec ou la réussite de sa vie, sur la méchanceté des hommes, sur la nature, sur son enfance, sur Dieu ou sur la schizophrénie, qu'il fasse oeuvre de philosophe ou de psychologue, qu'il s'en tienne aux faits ou crée des allégories, qu'il soit obsédé par les projets esthétiques les plus extravagants et les plus ingénieux - il y a une chose qu'un véritable écrivain ne peut jamais éviter: c'est l'histoire. Sa situation sociale, son époque, c'est-à-dire aussi la politique. Tôt ou tard, nous découvrons qu'une grande oeuvre littéraire communique, de manière indirecte, complexe et même cachée, des éléments qui concernent l'histoire, la culture, la civilisation ou le devenir spirituel et social de la collectivité. Je ne conçois pas une oeuvre littéraire authentique sans cette dimension."

(Jan Vladislav). "Dans les systèmes totalitaires, la politique incontrôlable, insaisissable est tout et rien à la fois. Au lieu d'être le domaine d'une activité humaine spécifique, elle est devenue le terrain d'un conflit permanent entre le pouvoir et la vie."

(Jan Vladislav)."Dans ces pays, en effet, tout auteur, tout intellectuel, ou simplement tout homme honnête, une fois engagé dans la voie de la vérité, ne peut plus s'y arrêter ou reculer sans perdre et la face et l'âme; il ne peut plus qu'avancer."