11 août 2014

Lynda Rutledge. "Le dernier vide-grenier de Faith Bass Darling." 2012. Extraits.

  

"On enchaîne les marathons, on donne des cours d'aérobic, on cite la sagesse de Bouddha, on épouse des losers, on évoque son enfance torturée à des gens diplômés, mais un jour, il faut que ça cesse. Ne serait-ce que pour reprendre son souffle, se dit-elle, en s'appliquant justement à respirer avec calme."

"Personne ne change vraiment. On est comme ces vieux meubles. On vieillit, on prend des coups, qui laissent des cicatrices, et la seule question qu'on se pose, c'est: Est-ce que je vais m'en sortir? Jusqu'à ce qu'on se rende compte que ce qu'on a, ça a déjà de la valeur."

"Un jour, elle avait entendu un psychologue célèbre dire à la télé que le passé était un endroit que nous fréquentions tous les jours, et que la plupart des gens ne s'en rendaient même pas compte."

"Parce que Bobbie savait une chose: les gens avaient beau partir de chez eux et ne plus adresser la parole à leur mère pendant des années (et ne jamais retourner les appels des amis d'enfance), tout au fond d'eux, et c'était aussi valable pour les gens qui s'appelaient Claudia Jean Darling, ils avaient besoin de reprendre contact avec leurs racines avant de couper les ponts une fois pour toutes. Ne serait-ce que par le biais d'un petit coup de fil."

"Parce que les mondes qu'on se crée sont bien plus beaux que ceux qui nous créent. Et ces mondes-là, on ne les oublie jamais vraiment."

"Je ne vous comprendrai jamais. Vous passez votre temps à vous adresser à Dieu, mais si c'est Dieu qui vous parle, là, vous n'y croyez pas. Franchement, c'est absurde."

"A ses yeux, les maisons devaient être des maisons, et les objets, des objets. Rien de plus. Leur accorder plus de valeur, c'était se dévaloriser soi."

"Si elle se retrouvait à hésiter devant cette porte, c'est parce que sous tout choix se cachait quelque chose. Mais elle savait qu'elle ne devait pas laisser sa chance. Il fallait qu'elle brise ce silence, et le seul moyen d'y arriver était d'abandonner ce monde de silence qu'elle avait créé pour se sauver."

"Il y a des mots comme ça, qu'on a attendus longtemps, dont on avait absolument besoin, mais qui sont difficiles à entendre."

   "Le problème, ce ne sont pas les objets, les choses. C'est la chose. Chacun a une chose énorme, aveuglante, qui l'empêche d'avancer."

   "Après tout, vous croyez que c'est une coïncidence si les mots "possédé" et "possessions" ont la même racine?"