08 septembre 2015

Christel Petitcollin. "Enfants de manipulateurs. Comment les protéger?" 2013. Extraits.


"La malveillance gratuite est le summum de la stupidité. Elle est tellement absurde et contre-productive qu'elle en devient incompréhensible pour une personne normalement constituée. A un seuil donné de crétinisme, l'intelligence bloque et ne peut plus accéder au concept. Pourtant, il est dangereux de refuser de faire face à cette réalité. Si cette cruauté stérile se répandait, elle mènerait l'humanité à sa perte.
Quand les faits divers nous confrontent à cette violence poussée à son paroxysme, nous préférons croire à une crise de folie passagère, suivie de culpabilité chez son auteur. Vous entendrez souvent ce genre de commentaires gênés: "Il ne faut pas juger, on est tous capables de faire des choses terribles sous le coup de la colère ou dans un moment de folie."
Sans doute, mais les manipulateurs ne sont pas "sous le coup de la colère" et leur folie ne se manifeste pas ponctuellement: elle est chronique et invisible. Ces individus nourrissent une haine glacée et lucide à l'encontre des personnes qu'ils prétendent aimer. Ils agissent de sang-froid, en toute conscience.
Ce message-là est difficile à faire passer, même auprès de leurs victimes. Comment un être humain normal pourrait-il envisager que, sans aucun autre mobile que d'exercer sa toute-puissance ou d'évacuer sa frustration, un individu prémédite de détruire quelqu'un d'autre à petit feu, qu'il exécute froidement, patiemment ce plan et qu'il n'en ait aucun remords?"

"Nous croyons que tous les parents aiment leurs enfants. Cela est malheureusement parfois complètement faux. Certains parents immatures et égocentriques se servent de leurs enfants, exercent leur supériorité avec sadisme ou les instrumentalisent pour atteindre l'autre parent."

"Tant qu'il n'est pas repéré et cadré, le manipulateur jouit d'une impunité effroyable, qui alimente et encourage sa folie de toute-puissance. Plus il passe entre les mailles du filet social et juridique, plus il s'enivre de son pouvoir et plus il devient déviant."

"Le manipulateur est avant tout une personne qui a deux visages: un très sympathique pour l'extérieur et un autre, maussade et cruel, que seule sa victime connaît."

"Le discours extérieur sur le manipulateur étant souvent positif et admiratif, sa victime renonce à se faire entendre."

"Il y a un décalage constant entre les paroles et les actes des manipulateurs. En mots, tout est parfait: ils vous aiment. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour vous satisfaire. C'est vous qui n'êtes jamais content(e). Et de toute façon, on ne peut pas discuter avec vous! Or, quand on étudie attentivement les faits, les paroles ne tiennent plus. Les manipulateurs n'ont aucune générosité spontanée. Ils sont égoïstes, indifférents, cruels et même malveillants, mais tellement sournoisement que leurs victimes doutent toujours de ce qu'elles vivent. "Ca m'a effleuré l'esprit...", disent-elles souvent en consultation. Un conseil: n'écoutez plus les beaux discours, ne vous fiez qu'aux actes!"

"Les manipulateurs utilisent quatre ficelles: la séduction, la victimisation, l'intimidation et la culpabilisation.
- La séduction est leur première arme. Ils savent être particulièrement charmants et flatteurs jusqu'à ce que vous soyez tombé sous leur emprise. Puis, dès qu'ils vous savent piégé, ils retirent ce masque séducteur dont ils n'ont plus besoin. Il faut savoir qu'être gentil les ennuie, les agace et les fatigue. C'est pourquoi, dès qu'ils le peuvent, ils ne seront plus sympathiques qu'en public ou si vous commencez à sortir de leur emprise. Ils sauront alors redevenir brusquement adorables - enfin ponctuellement et a minima, juste le temps de vous rendormir!
- Ensuite, les manipulateurs sont des professionnels de la victimisation. Ils savent brailler, sangloter sur commande, hurler leur souffrance à tous les échos ou coiffer la coquille de Calimero. On les croit fragiles et vulnérables, alors qu'ils sont indestructibles et qu'ils retombent toujours sur leurs pattes, mais ils savent obtenir la pitié de l'entourage au point qu'on en oublie qui sont les vraies victimes.
- Si leurs grimaces de douleur ne vous inspirent pas suffisamment de compassion à leur goût, ils n'hésiteront pas à vous mettre la pression et à utiliser des menaces, directes ou subliminales. L'intimidation est aussi leur spécialité... Les représailles sont diverses et variées, vont de pénibles à féroces. Les victimes apprennent à les redouter et adaptent instinctivement leurs comportements pour éviter les ennuis.
- Enfin, les manipulateurs sont des experts dans l'art de retourner les situations et vous accusent sans vergogne de ce qu'ils vous font... Mises en accusation en permanence, les victimes des manipulateurs développent une culpabilité aussi généralisée qu'irrationnelle. Ainsi, avec ces simples quatre ficelles, les manipulateurs vous transforment en marionnette."

"Car les trois clefs de la manipulation sont: le doute, la peur et la culpabilité. Il suffit d'actionner une de ces trois clefs pour enclencher le cercle infernal dans lequel nous ne pourrons plus que tourner en rond. Enfermée dans ce cercle vicieux, la victime commence par se sentir oppressée. Elle acquiert peu à peu la conviction d'être systématiquement inadéquate, puis se sent basculer dans la folie. Le doute se transforme en confusion mentale, la peur en angoisse permanente entrecoupée d'accès de panique. Quant à la culpabilité, elle devient un "syndrome de Stockholm", quand la victime épuisée renonce à comprendre l'absurdité de la situation et finit par épouser le raisonnement tordu de son manipulateur."

"Charmée, puis apitoyée, terrorisée et culpabilisée, la victime s'épuise longtemps à essayer de comprendre ce qu'il se passe et à s'adapter. Elle finit par renoncer à mettre du sens sur ces comportements absurdes. Alors elle devient un automate décervelé. Tel un zombie, la victime obéit sans réfléchir, avec un seul objectif: éviter autant qu'elle peut ces scènes épuisantes. L'ennui est que le harcèlement moral est un processus qui, une fois enclenché, ne s'arrêtera plus et ne pourra aller qu'en s'aggravant. L'abuseur se grise de sa toute-puissance, s'enivre de sa propre haine, devient un véritable drogué à ses propres abus. Sa victime est sa "came". Il lui faut une dose d'abus toujours plus forte. A un moment donné, la victime doit réagir pour assurer sa survie."

"A un âge donné, pour des raisons probablement émotionnelles, possiblement neurologiques, leur mental s'est paralysé et fossilisé. Le corps a continué à grandir, mais leur esprit, non. Les manipulateurs sont avant tout des gens très immatures."

"Les manipulateurs sont de vieux enfants, exclusifs, possessifs et jaloux, cramponnés à vos basques et faisant tout ce qu'ils peuvent pour que vous ne vous occupiez que d'eux et de personne d'autre, tout le temps et partout. Ils ne sont jamais sortis de l'illusion de toute-puissance infantile."

"On ne peut pas raisonner un manipulateur, on ne peut que le cadrer, et si possible fermement.
Bref, qui est le parent manipulateur? C'est une personne qui sera rapidement plus immature que ses propres enfants et bien décidé à faire la peau à l'autre parent."

"Les manipulateurs embrouillent l'esprit des gens, les utilisent sans vergogne et se font prendre en charge dans tous les domaines. Il y aura toujours quelqu'un pour leur garder les enfants, réparer leur douche gratuitement et faire leurs corvées à leur place. Ils obtiennent facilement des attestations mensongères en leur faveur, sans même que le témoin réalise qu'il est en train de rédiger un faux témoignage. Les manipulateurs savent s'approprier l'indulgence, voire la bénédiction des policiers ou des gendarmes, des enquêteurs, des médiateurs, des experts et même des juges. Jouissance suprême, ils peuvent aussi retourner les situations à leur avantage et instrumentaliser leur entourage pour qu'il persécute leur victime à leur place."

"Bien qu'étant incroyablement mal élevé au naturel (ce qui lui permet d'être très culotté), dès qu'il le faut, il sait avoir une maîtrise parfaite des codes sociaux. Jouer hypocritement la comédie humaine pour duper les imbéciles lui procure un immense plaisir. Avec les puissants, le manipulateur déploie sa panoplie de séduction: compliments, promesses, copinage, services plus ou moins légaux donc plus ou moins compromettants, ce qui permet au passage de museler les gens... Ils arrivent à vous faire croire que vous avez une dette à leur égard et que vous êtes redevable d'un renvoi d'ascenseur."

"Les manipulateurs redoutent les gens clairvoyants qui savent voir derrière leur masque, ceux dont ils ne trouvent pas la faille pour les manipuler à loisir, ceux qui sont naturellement structurés et cadrants et ceux qui ne prennent pas traditionnellement leur parti. Gare aux amis de la victime, aux gens qui lui fourniraient de l'aide ou des attestations, gare à ceux qui veulent "le bien des enfants" en général et surtout le bien des leurs en particulier...
Il faut détruire à tout prix ces gens dangereux. Pour cela, tous les moyens seront bons: les discréditer, les calomnier, les harceler, les menacer, les attaquer, les éloigner et surtout leur faire lâcher la cause de leur victime..."

"Comme tous les prédateurs, les manipulateurs se repèrent instinctivement entre eux et se détestent au premier regard s'ils sont sur le même territoire de chasse ou s'ils visent la même proie. En revanche, s'ils ne sont pas en rivalité, ils s'entendront comme larrons en foire et se prêteront main forte pour dépecer leurs victimes communes ou respectives."

"Lorsqu'ils se retrouvent en couple, les manipulateurs deviennent leurs punitions respectives. Un couple de manipulateurs est composé de deux enfants méchants qui sont incapables de se quitter, mais qui se chamaillent en permanence et ne se réconcilient que pour tracasser une victime commune: l'ex de l'un des deux, par exemple, et hélas, ses enfants."

"En langage psy, on dit que les pervers sont "sans affect". C'est-à-dire qu'ils ne ressentent pas les sentiments humains ordinaires: amour, tendresse, admiration, pitié ou compassion et encore moins empathie. Même la joie de vivre leur est inaccessible. Ils ne disposent que de trois émotions: une joie mauvaise quand la réalité alimente leur toute-puissance, la rage quand la réalité vient au contraire contrarier cette toute-puissance, et de l'auto-apitoiement quand ils risquent de devoir répondre de leurs actes."

"C'est dans les situations chargées d'humanité que se révèle le mieux l'inhumanité des manipulateurs. Ils font des réflexions énormes qui paraissent étourdies et maladroites, mais qui révèlent bien leur absence totale d'empathie."

"Ne supportant pas la moindre manifestation de joie de vivre, les manipulateurs ont à coeur de gâcher tous les moments heureux: mariages, naissances, fêtes et anniversaires. Voir les gens aimer, s'enthousiasmer, rire ou admirer, les met en rage. C'est, hélas, aussi le cas avec leurs enfants. Les manipulateurs ne supportent pas la joie de leurs enfants. Il faut détruire ce qui les rend heureux."

"Ayant une véritable haine de l'amour, en cas de divorce, les manipulateurs cherchent à détruire l'amour que leur enfant porte à l'autre parent. Le message est implicite, mais sans équivoque: "Si tu veux être aimé de moi, tu dois détester ton autre parent." Ce chantage est une imposture car l'enfant ne recevra jamais d'amour de ce parent sans affect, et s'il renonce à l'amour de l'autre parent, il ne lui restera rien pour se construire.
Enfin, les manipulateurs ont un instinct très sûr pour savoir ce qui est sacré pour vous et sont des professionnels de la profanation: salir, humilier, dégrader, avilir, ridiculiser, font partie de leurs plaisirs favoris. Il est tellement facile de le faire sur des enfants, comment résister?"

"Dans le cadre du mariage, le manipulateur est partiellement contenu par la présence de l'autre parent. Il se tient donc à peu près tranquille quand il est là. Néanmoins, dès que le manipulateur est seul avec ses enfants, il se passe déjà des choses graves."

"... il serait simple, en entendant le récit de ces agissements stéréotypés de repérer qu'à l'intérieur de l'adulte maltraitant, il y a comme un gamin sadique qui tarabuste plus petit que lui dans la cour de récré dès que l'instit a le dos tourné."

"Mais comme ce parent normal ne devine pas la malveillance délibérée du manipulateur, il pense à de la maladresse, pas à de la maltraitance. Il a bien remarqué l'immaturité de son conjoint et repéré avec étonnement que celui-ci est jaloux de ses propres enfants. Chaque jour, il peut constater que le manipulateur est en rivalité féroce avec sa progéniture, dans la quête de son attention."

"Exclusif, possessif et jaloux, le manipulateur exige d'être le fils chéri (ou la fille unique) de son conjoint et refuse toute limite et toute contrainte. Il regarde d'un oeil mauvais tous les moments de tendresse qui peuvent exister entre l'autre parent et ses enfants, cherche à les interrompre et exerce de telles représailles que peu à peu, les enfants et ce parent prennent l'habitude de s'abstenir de toute démonstration de joie ou de tendresse en la présence du manipulateur."

"Ce parent manipulateur cherche à priver ses enfants de toute douceur et à effacer toute trace d'enfance."

"Un parent manipulateur ne prend pas sa place et ne joue pas son rôle. Il se met au niveau de ses enfants et n'assume aucune de ses responsabilités. Or, quand un parent est manquant, l'enfant cherche instinctivement à combler le manque et joue le rôle de ce parent manquant."

"Le parent non manipulateur est naturellement bienveillant et compréhensif. Il s'imagine que son conjoint a eu une enfance traumatisante et que c'est pour cela qu'il réagit ainsi. Alors, il se montre plein d'indulgence, fait mille concessions pour éviter les scènes et ne réalise pas que son conjoint a détourné à son profit toutes ses compétences de bon parent."

"Dès que l'enfant exprime des besoins, les choses se gâtent, la toute-puissance infantile du parent manipulateur étant mise à mal par les exigences du rôle de parent."

"Incapables de gérer la frustration, les parents manipulateurs deviennent irascibles et brutaux et se livrent à du chantage affectif intensif jouant sur la dépendance de l'enfant. Les cris commencent, les claques pleuvent, les simulacres d'abandon aussi. L'enfant, de plus en plus insécurisé, devient collant avec ce parent, apprend à deviner ses attentes et s'adapte du mieux qu'il peut. Souvent, il apprend avant tout à se faire discret et à nier ses besoins. Mais cela ne veut pas dire pour autant que l'enfant devient sage comme une image. Il doit aussi faire plaisir à son parent. Or, le parent manipulateur encourage les déviances. Il est ravi d'apprendre des gros mots à son enfant, de l'inciter à mettre la pagaille et de l'utiliser pour faire enrager le monde."

"Lorsque l'enfant a fini sa période de dressage, il devient un vassal soumis et admiratif de son parent manipulateur. Le manipulateur frime et commande comme un caïd de cour de récré. Il se vante, épate, tyrannise, tarabuste, humilie et soumet son enfant à sa loi. Il se moque de sa naïveté, se grise de sa supériorité, traite son enfant d'idiot et d'incapable dès qu'il se montre maladroit, ne lui passe aucune erreur et défoule dessus toutes ses frustrations. Mais l'enfant est naturellement joyeux, enthousiaste et aimant. Cela pose un vrai problème au parent manipulateur. Il faut salir tout ce qui est sacré, détacher l'enfant de tout affect (pour qu'il soit comme lui!), gâcher tous les bons moments, bref: écraser ce sourire idiot sur la figure de ce petit crétin. L'enfant apprend à ses dépens que le positif se paye. Il vaut mieux éviter d'être joyeux et démonstratif, surtout avec l'autre parent! Il ne faut pas non plus aimer ni s'attacher. Quant à exprimer ses désirs ou même les laisser deviner, c'est s'exposer à en être systématiquement frustré."

"Une crise sérieuse s'annonce quand l'enfant s'approche en âge réel de l'âge mental de son parent...
Le manipulateur prend son enfant pour un rival dangereux et devient féroce avec lui...
Critiques, moqueries et brimades s'intensifient. C'est un pilonnage constant, une avalanche de haine, que vit l'enfant sous le regard ahuri, mais hélas passif, de l'autre parent qui proteste mollement parce qu'il pense que l'enfant réveille de terribles souffrances passées chez son conjoint. La pitié va toujours au manipulateur, jamais à ses enfants."

"Malgré cette tentative désespérée pour écraser sa progéniture et la transformer en bonzaï, le manipulateur se fait inexorablement dépasser...
Alors le manipulateur s'adapte. Puisque l'enfant est maintenant plus "vieux" que lui, il entre dans la catégorie des adultes utiles et utilisables, et puisque cet enfant vit à domicile, autant le transformer en pourvoyeur de soins. Sans scrupules, le parent se fait prendre en charge par son enfant."

"A partir du moment où un enfant est parentifié, il est obligé de devenir hyper-mature. Finis les jeux et l'insouciance de l'enfance."

"Evidemment les détails sexuels ne sont pas épargnés aux enfants parentifiés, qui se retrouvent ainsi sexuellement abusés par des confidences inadéquates."

"Le manipulateur dénigre et utilise son enfant, mais ne lève pas le petit doigt pour l'aider."

"Les enfants parentifiés ont été surentraînés à s'oublier, à vivre dans l'abnégation au service des autres (et surtout des personnes déviantes!) et à jouer au triangle dramatique de Karpman. Dans ce triangle, il y a trois rôles: la victime, le bourreau et le sauveur. Le rôle de victime est monopolisé par le parent manipulateur, celui de bourreau est culpabilisant, il ne reste à l'enfant que la position de sauveur pour se sentir exister et nourrir son besoin de reconnaissance. C'est pourquoi avoir été parentifié dans l'enfance amène tout droit aux métiers de thérapeutes et de travailleurs sociaux... Jacques Salomé appelle d'ailleurs les "soignants", des "soi-niants"."

"... Je maintiens également qu'ils sont insoignables. D'abord, parce qu'ils ne sont pas demandeurs de changement. Les manipulateurs sont très fiers et très contents de ce qu'ils sont. Tout le monde est bête sauf eux, qui ont tout compris de la vie! Ensuite, parce qu'ils ont un système de pensée verrouillé face à l'autocritique: eux sont parfaits et tout est toujours de la faute des autres. Enfin, ils sont insoignables parce qu'ils prennent leur psy pour un imbécile ou un emmerdeur et qu'ils lui mentent pour s'amuser à ses dépens."

"Rares sont les professionnels à avoir une approche lucide et objective de la situation. Dans le reste des cas, soit vous avez affaire à des intervenants qui n'y comprennent rien et qui ne vous croient pas parce qu'ils n'ont pas vécu ces situations impensables, soit vous vous confrontez aux défenses psychologiques de personnes qui n'ont pas résolu leur passé. Dans les deux cas, ils ne peuvent avoir une grille de décodage objective de votre histoire. Reste un dernier cas: quand l'intervenant est lui-même pervers et qu'il se régale de prêter main-forte à votre tortionnaire."

"Certains parents savent, ou sentent intuitivement que s'ils divorcent, l'autre parent n'aura plus de limites vis-à-vis des enfants et que ceux-ci seront totalement exposés au danger quand ils seront seuls avec lui. C'est pour cela que tant qu'ils le peuvent, même si l'entourage n'y comprend rien, ils continuent à endurer la méchanceté de leur conjoint, ses brimades, ses vexations, ses violences... Mais il arrive un jour où ils n'en peuvent plus. Ils sentent qu'ils sont au bout du rouleau. Comme ils le disent tous, ils vont "y laisser leur peau". La période de séparation est une période à hauts risques. Les journaux relatent régulièrement des faits-divers dramatiques pudiquement camouflés sous l'euphémisme consensuel de drame familial. Un homme, ivre de haine et de rage d'être dépouillé de sa toute-puissance, se donne le droit de trucider femme et enfants."

"Une rupture touche avant tout un manipulateur dans sa toute-puissance. Il a les réactions d'un prédateur qui perd sa proie ou celle d'un drogué à qui on a volé sa came. Mais le plus impardonnable est qu'en le quittant, son conjoint porte atteinte à son image de personne parfaite et à sa vitrine de famille idéale. Pire, en échappant à son emprise, ce conjoint risque de rompre le pacte du silence et de raconter à l'entourage ce qu'il a fait, ce qu'il a dit et comment il est sans son masque. Et ça, c'est un crime! Certains meurtres suivis du suicide du pervers ont sûrement pour fonction de faire taire préventivement les témoins et de ne pas avoir à assumer ce qu'il est derrière son masque."

"Quand on est resté à l'âge de touche-pipi, qu'on se retrouve seul avec un enfant loin du regard des adultes et qu'on nie la spécificité de l'enfance, la probabilité de respecter l'enfant devient quasi nulle. C'est pourquoi, je pense que la majorité des parents manipulateurs abusent de leurs enfants, surtout dans le cadre d'un divorce."

"Ces abus peuvent être indirects: films porno, réflexions ou plaisanteries graveleuses, regards vicieux..."

"Par exemple, j'ai entendu de nombreux témoignages que des mères perverses avaient su choisir le médecin le plus libidineux du coin pour imposer à leur fille un examen gynécologique aussi inutile que prématuré et traumatisant."

"Les abus sexuels sur enfants sont bien plus fréquents que ce que la société est actuellement capable d'admettre. L'ampleur des abus commis autrefois par des prêtres de l'église catholique est en train d'émerger et choque le public. Elle n'est à mon avis pas pire que ce qu'il se passe dans les familles. Selon des statistiques canadiennes (En France, on manque de chiffres), une femme sur deux et un garçon sur cinq auraient eu au moins "un contact sexuel avec un adulte" dans leur enfance. L'inceste toucherait une famille sur dix. Quand va-t-on arrêter de faire l'autruche?"

"Dans sa folie de toute-puissance, le manipulateur n'admet aucune zone d'ombre, aucun jardin secret: il doit tout savoir, tout le temps, y compris la moindre de vos pensées."

"... les manipulateurs n'admettent aucun comportement d'autoprotection chez leur victime. Elle doit recevoir toutes les maltraitances sexuelles, physiques ou psychologiques sans broncher sous peine d'empirer les choses."

"Si vous voulez qu'on vous accorde le statut de victime, vous devez être blanc comme un lys (ou comme une oie blanche). Pas le droit d'être un peu mesquin, un peu intéressé, un peu idiot, un peu lâche (en plus d'être terrorisé). Pas le droit aux gaffes ou à l'erreur. Bref, vous n'avez plus droit à votre imperfection humaine. Pour être pris au sérieux, il vous faut une auréole."

"Les manipulateurs ont des antennes. Ils sentent quand ça risque de barder et savent étrangement s'arrêter pile à ce moment-là. Je dis qu'ils savent toujours exactement jusqu'où aller trop loin."

"En fin d'emprise, au moment où elles doivent fuir d'urgence, les victimes sont dans un tel état de stress qu'elles sont complètement déstructurées. Leur pensée est volatile, décousue, éparpillée."

"La plupart du temps, c'est donc la victime qui part, dans un réflexe de survie, vous savez: au moment où elle sent qu'elle va "y laisser sa peau". C'est-à-dire que la victime fuit trop tard, dans un sauve-qui-peut désespéré, dans l'improvisation la plus totale et en commettant des impairs difficilement rattrapables par la suite,..."

"Puisque vous lui échappez, vous devez vous retrouver tout seul, perdu, tout nu, tout pauvre, dans un monde hostile et glacé qui vous broiera pour vous punir, na!"

"Le problème est que plus on cède, plus le manipulateur en veut. D'une part, chaque victoire attise son instinct de conquête. D'autre part, il ne compte s'arrêter que lorsque sa proie sera réduite à la misère et à l'isolement. Enfin, s'arrêter... Il continuera ensuite à surveiller qu'elle reste bien dans cette situation misérable. C'est ce que me confie Ingrid: "A chaque fois que je trouve un boulot, il s'arrange pour me le faire perdre."

"Résignez-vous: son envie de vous détruire pour vous punir d'être parti ne disparaîtra jamais totalement. Dès qu'il en aura l'espace, il vous attaquera. A vous de ne plus lui laisser l'espace de vous nuire."

"Pour le manipulateur, la justice n'est qu'une super-maîtresse d'école dont il faut se méfier, mais facile à berner. Elle ne sert qu'à donner des punitions à qui est assez bête pour se faire attraper. Dès qu'elle a tourné les talons, on peut ignorer ses ordonnances aussi facilement qu'un panneau d'interdiction de stationner devant un portail."

"C'est tout le problème des théories: elles éloignent du ressenti. Beaucoup de gens parlent à tort et à travers sans réfléchir à ce qu'ils disent, sans vérifier dans leurs tripes si ce qu'ils sont en train de prononcer sonne juste ou pas."

"Les gens normaux parlent de la souffrance de leurs enfants, pas de la leur."

"Les manipulateurs sont des voleurs de vie. Ils vous volent des années de bonheur, d'amour et de paix. C'est ainsi."

"Les manipulateurs sont tellement égocentriques qu'ils prennent le moindre de vos faits et gestes comme un message à leur attention. C'est une des explications à leurs incessantes et incompréhensibles crises de rage. D'ailleurs chez eux, en retour, c'est le cas: tout ce qu'ils font contient un message caché."

"Le parent manipulateur est maltraitant psychologiquement.

Voici la liste des mauvais traitements psychologiques définis par l'APSAC (American Professional Society on the Abuse of Children)
- terrorisme: comportement menaçant, susceptible de blesser ou d'être dangereux pour l'enfant et/ou un proche auquel l'enfant est très attaché;
- corruption: donner l'exemple, permettre, autoriser des comportements inadéquats ou antisociaux;
- rejet: messages verbaux ou non verbaux dégradant ou rejetant l'enfant;
- indifférence émotionnelle: ignorer les besoins de l'enfant en termes d'interaction, ne pas lui montrer d'émotion positive;
- isolement: confiner la famille/ l'enfant dans des limites déraisonnables, limiter son contact avec les autres;
- négligence de la santé physique, mentale et éducationnelle: échouer ou refuser de pourvoir au nécessaire relatif aux besoins ou aux problèmes de l'enfant.

Nous retrouvons dans cette liste tout ce dont témoignent les enfants et les parents victimes... Dans cette liste, il me semble que l'APSAC oublie:
- le harcèlement
- la volonté de frustrer
- l'injustice liée à la toute-puissance: les punitions pleuvent, arbitraires, injustes, incompréhensibles...
- le sadisme: l'enfant perçoit inconsciemment ce triomphe, cette joie mauvaise que ressent le parent manipulateur à l'écraser et à le faire souffrir;
- la volonté consciente d'avilir, de salir, d'humilier, de profaner le sacré, de déshumaniser;
- le déni de la spécificité de l'enfance et de la vulnérabilité des petits, du droit à la protection...,
- le viol moral permanent: interdiction d'avoir la moindre intimité, le moindre jardin secret. Les parents manipulateurs exigent une transparence absolue. Ils font subir à leurs enfants des interrogatoires dignes de la Stasi, effectuent des fouilles, lisent les journaux intimes, les mails, les textos, exigent les mots de passe, écoutent aux portes...;
- la culpabilisation permanente: étant paranoïaques, les manipulateurs traitent systématiquement leurs enfants en présumés coupables, les somment en permanence de se justifier et les accusent d'être à l'origine de tous leurs comportements maltraitants."

"Le parent manipulateur est maltraitant physiquement."

"Les parents manipulateurs ont la main leste, les réactions brutales et l'envie sadique de faire mal. Ce sadisme s'exerce très tôt sur les enfants."

"Le côté passif-agressif des manipulateurs les pousse à organiser des mises en danger délibérées de leurs proches et de leurs enfants."

"Le parent manipulateur est maltraitant sexuellement."

"De  toute façon, c'est un faux problème de croire qu'un climat incestuel est moins grave qu'une agression. La distinction entre les deux n'existe qu'en justice. Au niveau psychologique, les ravages sont les mêmes."

"Les symptômes de stress post-traumatique:
- la personne revit sans cesse mentalement la situation traumatique. Elle revoit la scène, elle fait des cauchemars, elle a des flashes-back: des images, des sons, des sensations  physiques reviennent brusquement, sans prévenir, et réenclenchent les mêmes émotions de peur, de dégoût, de colère ou d'impuissance;
- une véritable dépression: la personne fuit le monde extérieur, se met en retrait, manque d'intérêt pour sa vie quotidienne, ne se passionne plus comme avant. Elle réagit peu, montre moins d'émotions et de sentiments;
- des  troubles du sommeil et de la concentration et des problèmes de mémoire;
- un sentiment irrationnel de culpabilité;
- une sensibilité extrême aux dangers extérieurs et des comportements d'évitement; ..."

"Lorsque la  personne sera à nouveau confrontée à des situations rappelant l'événement initial, même de façon symbolique, elle vivra une accentuation de tous ces symptômes. Le stress post-traumatique s'installe en général dans les six mois suivant le drame et perdure parfois la  vie entière. En général, pour poser le diagnostic de stress post-traumatique, on s'attend à retrouver l'existence d'un événement traumatique qui perturberait tout un chacun. Une raclée, des hurlements et des insultes, des menaces  haineuses sont des agressions à part entière. Si cela vous arrive dans la rue, on vous reconnaîtra le droit d'en être perturbé, mais quand cette violence est intrafamiliale, on la banalise. Surtout lorsqu'elle est fréquente."

"Le déni du problème commence par les ex-enfants maltraités eux-mêmes. Les enfants sous emprise ont un discours irréalistement positif sur leur parent maltraitant."

"Cette déification empêche toute réflexion, toute remise en cause de son propre vécu. En thérapie, peu à peu, les ex-enfants  maltraités parlent, mais minimisent leur vécu. Ils ont du mal à s'approprier le statut d'enfant martyr. Il y a  toujours pire que leur cas personnel. Souvent, ils excusent leurs parents jusqu'à les exonérer de toute responsabilité... Bref à les entendre, les victimes, ce sont les autres, tous les autres et surtout leurs pauvres parents."

"De toute façon, raconteraient-ils cette maltraitance avec l'intonation qui convient qu'ils seraient regardés avec horreur, comme si les monstres, c'étaient eux. Car le déni du problème continue avec les auditeurs. Et c'est humainement compréhensible car ces récits vont réveiller de trop douloureux souvenirs chez certains ou générer un malaise intense chez les autres."

"Quatre grande catégories de séquelles:
- L'impuissance: c'est le sentiment principalement ressenti par l'enfant devant la violence, la méchanceté ou la volonté de l'adulte. Que faire face à un géant pareil, que comprendre de sa logique et de ses contradictions, comment prédire le prochain orage? Certains capitulent définitivement et seront d'une passivité extrême dans leur vie d'adulte, subissant à nouveau toutes sortes de maltraitances, des coups et insultes de leur conjoint aux situations de harcèlement ou d'exploitation dans leur travail en passant par les escroqueries commerciales. Ils ous elles laisseront aussi brutaliser leurs enfants sans réagir. Les autres développeront un besoin maladif de contrôler tous les paramètres de leur vie. Perfectionnistes, surmenés, en état de stress et d'hypercontrôle permanents, ils deviendront des parents surprotecteurs, intrusifs et exaspérants pour les nourrices, les médecins et les enseignants. Tous auront en commun un sentiment d'insécurité latent et des bouffées d'angoisse.
- La trahison: à celle du parent maltraitant, il faut ajouter les autres trahisons. Avant tout celle de l'autre parent de plus en plus considéré comme co-auteur parce qu'en étant le principal spectateur et en restant passif, il cautionne pleinement la maltraitance. Il y a aussi la trahison de tous les adultes de l'entourage qui savaient, qui auraient pu, qui auraient dû agir et qui se sont également tus. A l'âge adulte, ses relations interpersonnelles en seront largement faussées. La difficulté à faire confiance aux gens dignes de foi ira de pair avec une grande naïveté face aux manipulateurs et aux imposteurs. D'admiration en désillusions, de plus en plus aigris, de plus en plus seuls, les ex-enfants maltraités garderont un sens de la justice et de la droiture maladivement développés.
- L'humiliation: mais la honte et la culpabilité que n'éprouve pas l'adulte maltraitant seront portées par l'enfant à travers les années, le rendront maladivement sensible aux critiques et l'emmèneront parfois jusqu'au suicide.
- Le rapport à son corps: lorsque l'enfant vit des choses trop difficiles dans son corps, il prend l'habitude de s'en échapper et de se réfugier dans sa tête. C'est un réflexe de survie. Cela s'appelle la dissociation. Ce mécanisme les conduit à avoir peu d'informations venant de leur corps et à être très négligents avec leur santé, leur alimentation ou leur hygiène corporelle. Tabac, alcool ou drogues leur permettent souvent d'anesthésier les émotions refoulées et leur angoisse latente. Et c'est par une intellectualisation intensive qu'ils se coupent de leur intuition et de leurs ressentis."

"Bien qu'on brandisse "l'intérêt supérieur de l'enfant" à tout bout de champ, les préoccupations ambiantes se focalisent sur les droits des parents à avoir leur enfant, et personne ne semble se soucier d'écouter cet enfant, de le comprendre et surtout de le croire quand il dit des vérités qui dérangent les adultes."

"Pour compliquer les choses, les enfants de manipulateurs sont des enfants déstabilisants, ... C'est un enfant trop mature, qui déroute les adultes. Le confort endort l'intelligence, le danger la réveille. Les enfants maltraités n'ont pas l'espace d'être insouciants et étourdis... Ces petits ont un vocabulaire d'adulte, une compréhension de la situation trop clairvoyante pour leur âge. Parentifiés depuis longtemps, ils parlent d'égal à égal avec les adultes. Ils peuvent même avoir un fort déplaisant petit ton autoritaire et sommer les professionnels de faire leur boulot. Ce n'est pas possible qu'ils ne soient pas pilotés par un des parents!"

"Machiavel: Quand la guerre est inévitable, la retarder, c'est donner l'avantage à l'adversaire."

"Face à un manipulateur, se rassurer, c'est se rendormir."

"Autant que vous le réalisiez très vite: vous êtes seul, face à votre agresseur et vous devrez vous battre, que vous le vouliez ou non. Ma devise dans ce contexte: "La position de l'autruche est la meilleure position pour prendre des coups de pieds au c.." ."

"La victime sent qu'il va se passer des choses graves, mais ne sait pas jusqu'où le manipulateur pourrait aller, car il n'a de limites que les vôtres. Et votre peur est son seul pouvoir sur vous. Le jour où il ne vous fait plus peur, vous êtes libre."

"Vous pourrez ne plus en avoir peur le jour où vous aurez développé votre capacité à vous défendre réalistement et efficacement, où vous aurez mis vos protections en place et où vous serez capable de cadrer vigoureusement votre manipulateur. Rappelez-vous: ce n'est qu'un morveux, un caïd de cour de récré. Il ne faut pas lui laisser l'espace de faire sa loi. Répétez-vous en boucle: "Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu."

"Agir est un puissant antidote. Non, vous n'avez pas mérité ce qui vous arrive, mais l'heure n'est plus à se lamenter sur ce qui ne devrait pas être. Prononcez énergiquement: "A partir de maintenant, je prends la responsabilité de nous sortir de là!" Comme les victimes sont intrinsèquement des gens très responsables, ce simple engagement peut complètement bouleverser la donne."

"Il vous faudra apprendre à ruser, à vous taire, à faire de la rétention d'informations et surtout à ne plus dévoiler candidement votre jeu. Devenez un joueur de poker et adoptez en permanence l'attitude "Même pas peur et même pas mal!" Votre manipulateur ne doit plus jamais savoir quand ses coups ont porté."

"La petite ne veut plus faire de violon, mais n'ose pas le dire à son père. La mère me dit: "Il faut qu'elle le dise à son père."
"Non, Madame, il faut que vous, vous  le disiez à son père! Cette enfant a le droit d'être protégée de la rage de son père."

"Ne montrez jamais à un manipulateur que vous êtes surpris, frustré, triste, blessé, effrayé, furieux... D'une part, vous  lui feriez plaisir et d'autre part, vous lui donneriez des pistes pour vous toucher. Rien ne doit sembler vous atteindre."

"Une seule solution pour éviter tous ces déboires: être le plus discret possible. Votre manipulateur ne doit plus rien savoir de votre vie, de vos projets et de vos fréquentations."

"... les parents d'aujourd'hui se confient trop à leurs enfants, les mêlent trop à leurs décisions, les encombrent d'informations qui ne les regardent pas. Vous pouvez demander leur avis à vos enfants sur certains points, uniquement ceux qui les concernent directement, mais vous devez garder votre pouvoir décisionnaire. En apprenant à vous taire, à prendre vos  décisions de parent tout seul, vous rendez le droit à vos enfants d'être des enfants, de vivre dans la bienheureuse insouciance de l'enfance."

"Le calme du manipulateur s'appuie sur le stress de sa victime. Si vous restez posé et que vous refusez d'entrer dans la  polémique, c'est lui qui deviendra hystérique."

"La technique pour manipuler les enfants est simple. Il s'agit de leur faire croire qu'on est très gentil et très malheureux, que l'autre parent est très nul et très méchant, et surtout que tout est de sa faute. Les enfants subissent des pressions, du chantage et un véritable lavage de cerveau."

"Mathis, 7 ans, se veut philosophe. Il hausse les épaules et dit à sa mère: "Quand je donne mon vrai avis à papa, après il ne me lâche plus jusqu'à ce que je dise l'inverse. Alors je lui dis tout de suite ce qu'il veut entendre, comme ça il me laisse tranquille." Mais l'enfant ajoute, inquiet et coupable: "Alors comme il veut entendre que c'est pas bien chez toi, ben je lui dis, mais tu sais, c'est pas vrai!" Un parent manipulateur est un danger objectif pour ses enfants. La manipulation mentale est un viol psychologique permanent."

"Les enfants ont le droit de savoir qui sont réellement et objectivement leurs parents."

"Bastien, 15 ans, vient de se faire hurler dessus et insulter par son père. Selon le même procédé, Françoise dit à son fils: "Il faut le comprendre. Ton père a eu une enfance difficile. Il avait de très mauvaises relations avec son père." Or pour l'instant, c'est surtout Bastien qui aurait besoin d'être compris parce qu'il a une enfance difficile et que ses relations avec son père sont très mauvaises. La façon dont Françoise présente les choses est juste de nature à nier la souffrance de son fils et à lui transmettre ce message: "Seul ton père souffre et mérite ma compassion."

"... ne pas toucher à l'image d'un parent déviant, c'est cautionner sa déviance, mais le critiquer, c'est démolir son enfant. De plus, se justifier, c'est s'accuser. Alors comment sortir de ce tissu de contraintes? En fait, c'est tout simple. Il suffit de différencier la personne de ses actes. Observez la différence entre:
- Ton père est un menteur!
- Ton père a menti.
- Ce que dit ton père est faux.
N'attaquez jamais la personne dans son identité. Tenez-vous en aux actes et aux faits objectifs, mais osez dénoncer les faits et les actes déviants sans ambiguïté et rétablissez la vérité."

"Le parent manipulateur est un imposteur. Il a usurpé le titre de parent, mais il n'a nullement l'intention d'exercer la fonction. Il n'a aucune compétence parentale et aucun amour pour son enfant. Le bien de l'enfant, il s'en fiche complètement. Seules lui importent la protection de son image et sa vengeance, qu'il compte bien siroter sur des années."

"Si j'ai froid et qu'on me fait croire que le radiateur de la pièce fonctionne, je vais me poser beaucoup de questions sur ma santé. Si je sais que le radiateur est cassé, je ne serai plus étonnée d'avoir froid et j'irai chercher de la chaleur ailleurs. C'est exactement ce qu'il se passe pour les enfants de manipulateurs. Tout le monde conspire à leur faire croire que le radiateur est allumé alors qu'il est glacé. Pendant des années, et même plus tard en thérapie, si le thérapeute continue la mystification, l'ex-enfant de manipulateur se demandera pourquoi il a si froid à son âme et culpabilisera de ne pas avoir su trouver de l'amour... là où il n'y en avait pas. C'est pourquoi je soutiens que les enfants ont le droit de savoir qu'il n'y a pas d'amour dans ce parent manipulateur. Je sais, ça paraît violent. Et pourtant, tout cela, l'enfant le sait déjà. Ce sont les adultes qui l'empêchent de se connecter à son ressenti et de le valider. Récemment, dans une interview, le chanteur Serge Lama racontait qu'à l'âge de 7 ans, il avait arrêté d'aimer sa mère parce qu'il avait compris qu'elle ne voulait pas de son amour. Quelle clairvoyance! Il faut vraiment arrêter de prétendre qu'il y a de l'amour là où il n'y en a pas. Il me paraît important de prévenir l'enfant de la pathologie de son parent pour éviter qu'il ne se croie lui-même pas aimable. Ce n'est pas lui en tant qu'enfant qui est le problème, c'est le parent sans affect qui a des dysfonctionnements. On peut dire les choses de manière toute simple: "Ton père a comme une espèce de maladie qui l'empêche d'aimer les gens. Il croit qu'il aime, mais en fait, il ne sait pas aimer. Ce n'est pas ça, l'amour." Plus tard, on peut dire sobrement aux ados: "Chez ton père, le logiciel "parent" n'est pas installé. Ce n'est pas la peine d'essayer de le faire fonctionner." Vous n'imaginez pas à quel point c'est soulageant pour un enfant de manipulateur, quel que soit son âge, de se sentir enfin autorisé à valider ce qu'il ressent depuis toujours."