29 septembre 2015

Katherine Pancol. "La barbare". 1981. Extraits.


"A force de penser et d'organiser leur vie, sa mère l'avait vidée de toute substance."

"Elle chercha des souvenirs vrais et ne trouva que le lourd portail en fer forgé, les leçons de dessin et le matelas dans la cave. Le reste, elle pouvait le raconter aussi mais c'était comme si c'était arrivé à une autre. Elle était absente de son curriculum vitae."

"En fait, il avait toujours le même problème avec les gens. Il pouvait éprouver des sentiments très forts mais il les exprimait toujours de manière anodine. C'était plutôt des indices qu'il laissait traîner et que les gens ne relevaient pas forcément. Il avait souvent gâché des rencontres à cause de sa manie de ne pas insister. Il avait appris à vivre seul et, la plupart du temps, il était satisfait."

"Mentir, mentir. Parce que la vérité détruirait tout et qu'elle ne se sent pas encore assez de courage pour affronter les décombres. Mentir aussi parce qu'elle est tellement perdue dans ses méandres intérieurs que, pour le moment, la vérité, elle ne saurait pas où la mettre..."

"Le choix vous rattrape toujours. On pense qu'on peut l'écarter et s'en débarrasser mais il vous retrouve et vous pose des questions de plus en plus précises."

"... n'empêche qu'on ne guérit pas en quelques jours de s'être trouvée moche pendant des années..."

"On change forcément quand on se met à fouiller en soi. Il faut juste ne pas avoir peur de ce que l'on va trouver. C'est pour ça que beaucoup préfèrent ne pas se pencher et se contentent de fureter tout autour."

"C'était le seul inconvénient de Mehdia: elle n'avait personne à qui parler vraiment. Vous savez: parler de ces choses qui vous embouteillent, que vous n'arrivez pas très bien à formuler mais que vous pourriez élucider en les exprimant tout haut à quelqu'un qui est déjà passé par là et qui sait comment s'en sortir..."

"L'avenir ne l'intéresse pas. C'est un truc pour les gens qui n'ont pas de présent. Elle vit dans l'instant, et le plus fort possible."

"Elle part, frémissante, à la découverte. Je ne sais pas. Je ne sais rien mais j'explore le monde. Mes antennes sont encore grossières mais je ne serai plus jamais un morceau de puzzle qui flotte et se raccroche au premier amant pour carte d'identité. Je suis au kilomètre deux d'une longue route..."

"Anne garda les yeux ouverts et se rappela le message de son père: "Ne subis jamais rien, souviens-toi que tu es reine..." Je dois partir, se dit-elle. M'exercer à suivre la voie qui est la mienne, ne pas marchander avec ma vérité. Même si elle me paraît cruelle et étrange. Je dois tout faire pour ne pas ressembler à ces gens qui se mettent dans la file d'attente et deviennent des fossiles..."

"Les résolutions de la nuit sont souvent plus péremptoires que celles du jour."