11 janvier 2018

Anne Brontë. "La Dame du manoir de Wildfell Hall". 1848. Extraits.


"Je n'aime pas les relations encombrantes, mais si j'ai ici quelques amis, je suis toujours heureuse de les voir de temps à autre. Personne ne peut être heureux dans une solitude absolue."

"... lorsqu'on a très longtemps tenu les yeux fixés sur un objet, on devient incapable de s'en faire une idée personnelle, on ne peut plus se fier à ce que l'on voit."

"Je déteste parler lorsque ni sentiments ni idées ne sont échangés, lorsque personne ne peut retirer le moindre profit d'un tel échange."

"On peut lire au fond du coeur d'un être humain, on peut découvrir la grandeur, la profondeur d'une âme en soixante minutes comme on peut mettre toute une vie à découvrir une âme si un être humain décide de cacher ses sentiments ou si l'on n'est pas assez compréhensif."

"Surveille tes yeux et tes oreilles, car ce sont les portes de ton coeur;..."

"... s'il ne se montre jamais capable de prendre la vie au sérieux, que ferai-je de ce qu'il y a de grave en moi?"

"... que les idées généreuses de la jeunesse soient souvent réduites à rien par la réalité sordide ne prouve pas encore que ces idées soient fausses."

"- Mais pourquoi te plaindre si tu n'es pas fatigué et mécontent?
- Pour excuser mes propres défauts, sans doute. Crois-tu que je vais porter tout le poids de mes propres péchés sur mes épaules alors que tu es toute disposée à les porter pour moi?"

"Mais je dois me souvenir que ce n'est pas moi qui suis coupable; je n'ai rien à craindre; s'ils se moquent de leur victime, je puis avoir pitié de leur folie et mépriser leur moquerie."

"Le pardon ne s'achète pas aussi facilement; je ne puis accorder mon estime qu'à ceux qui le méritent."

"Les secrets du coeur doivent rester cachés;..."

"J'ai vu deux fois Esther Hargrave. C'est une charmante enfant, mais sa mère est presque parvenue à éteindre sa gaieté et son charmant caractère en lui reprochant sans cesse de ne pas avoir accepté le prétendant choisi pour elle... Ce n'est pas une persécution violente, mais une guerre d'usure aussi rongeante que la chute perpétuelle d'une goutte d'eau toujours à la même place. Cette mère dénaturée semble bien décidée à rendre la vie impossible à sa fille si elle refuse d'obéir.
- Maman fait tout ce qu'elle peut pour que je me sente de trop chez nous, je dois être la fille la plus ingrate et la plus égoïste du monde; Walter lui-même est si froid et si distant que j'ai parfois l'impression qu'il me hait. Je crois que j'aurais cédé tout de suite si j'avais su ce que m'apporterait ma résistance, mais maintenant je tiens bon, par pure obstination."